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Portraits

Des fraises et des capteurs sur le toit: le Jardin Perché Haussmann

Quelques mètres au-dessus de l’effervescence du Boulevard Haussmann, sur le toit des Galeries Lafayette, la start-up Sous les Fraises a installé un jardin hi-tech et responsable. Une histoire de verdure et de rencontres. 

« Quand je suis arrivée chez Sous les Fraises début 2016, rembobine Marie Dehaene, le Jardin Perché Haussmann existait déjà et j’avais rencontré les fondateurs parce que je bossais dans l’agriculture urbaine et qu’on était quatre à s’y intéresser, à l’époque ». Aujourd’hui leader français de l’agriculture urbaine qui fait vivre 10 000 m2 de biodiversité sur 15 sites répartis dans plusieurs villes de l’Hexagone, Sous les Fraises a bien grandi et le Jardin Perché Haussmann, première installation réalisée par l’entreprise sur les toits des Galeries Lafayette Haussmann, lui aura servi de catalyseur. 

 

Quand une association grenobloise s’invite sur un bâtiment parisien mythique
Au commencement, en 2006, il y a la rencontre entre Yoan Hubert, qui a mis au point une membrane permettant de cultiver fruits et fleurs hors sol, et Laure-Line Jacquier, alors étudiante en architecture, qui consacre son mémoire de fin d’études à l’intégration de cette membrane à la construction. Ils créent l’Association Française de Culture Hors sol à Grenoble et perfectionnent leur solution jusqu’en 2013, lorsqu’ils répondent à un appel à projets sur la végétalisation urbaine lancé par la Ville de Paris et les Galeries Lafayette Haussmann. Leur projet s’appelle « Paris sous les Fraises » et si elle n’avait pas encore rejoint l’équipe à l’époque, Marie Dehaene raconte volontiers cette « bonne rencontre entre un bâtiment emblématique comme les Galeries Lafayette Haussmann et des gens qui savent faire pousser des choses sur les toits, avec une vraie vision. La technique était là, mais il restait à trouver un lieu pour en faire la démonstration. Ensuite, les choses ont pu s’accélérer ». 

 

Parce que la technologie peut (aussi) faire respirer la ville
L’association se transforme en start-up, naturellement baptisée Sous les Fraises, début 2015, et le Jardin Perché Haussmann est inauguré en juin 2015. La consultante en agriculture urbaine Marie Dehaene rejoint l’équipe pour répondre à de nouvelles demandes du groupe Galeries Lafayette (BHV Marais, Galeries Lafayette Annecy) : « ce qui m’a plu, c’est qu’alors que j’avais croisé des projets très technophiles en recherche d’efficacité d’un côté, ou des associations de l’autre, Sous les Fraises mélangeait les deux approches. Il y avait la volonté de « craquer » le modèle de l’agriculture urbaine sans oublier les valeurs portées par ce qui était un projet citoyen au départ ». Sur le volet technologique, un système breveté associe des membranes biologiques constituées de chanvre, de laine de mouton et de fibres recyclées qui permettent de faire pousser des plantes hors sol, à une application ad hoc qui permet d’évaluer les besoins des plantes grâce à des capteurs et d’y répondre en temps réel. Ou comment la nature s’appuie la technologie pour faire pousser des plantes sur les toits, à l’abri de la pollution des sols comme des particules émises par les pots d’échappement, quasiment absentes au-delà du 3e étage. 

 

« Les gens achètent plus facile une barquette de fraise que de la biodiversité » 
Puisque l’on peut faire pousser des plantes comestibles au cœur de la ville, le projet citoyen pouvait s’appuyer sur le marché pour servir sa cause. « Les gens achètent plus facilement une barquette de fraises que de la biodiversité, justifie Dehaene. C’est plus simple, ça se raconte mieux ». La start-up vend donc les fruits, légumes, plantes aromatiques ou plantes comestibles qu’elle cultive sur les toits. « Le premier essai était avec des chefs, développe la spécialiste : on peut cueillir des produits frais à 5 heures du matin pour qu’ils soient en cuisine pour le déjeuner. Des chefs comme Pascal Barbot, alors triplement étoilé, ont joué le rôle de tiers de confiance auprès du grand public ». Après avoir rassuré, Sous les Fraises commence à transformer ses produits pour pouvoir les commercialiser toute l’année : ils trouvent des partenaires (apiculteur, distillateur, brasserie, pâtisserie, conserverie) pour les transformer et le groupe Galerie Lafayette leur permet naturellement d’ouvrir des corners dans leurs magasins où proposer directement leurs produits au public. Une affaire de rencontres, encore et toujours, à en croire Marie Dehaene : « on ne pensait pas faire de la Vodka par exemple, mais il se trouve que Nicolas Julhès, qui a créé la seule distillerie de Paris, est un passionné de plantes, et qu’il avait envie de profiter d’une serre urbaine à 10 minutes de sa distillerie en vélo ». 

 

Une autre vision de la ville, plus verte et plus autonome, qui ne demande désormais qu’à faire des émules. Pour voir le Jardin Perché Haussmann de plus près et rencontrer les équipes passionnées de Sous les Fraises, rendez vous sur visite.souslesfraises.com pour réserver un créneau, en anglais ou en français.  

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