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Patrimoine

Entre Saint Lazare et les théâtres de boulevard, la mode s’installait à Haussmann

  • Georges Lepape. "Serais-je en avance ? Gazette du Bon Ton, n°2, 1912-1913

  • Renel. Modèle féminin en manteau posant devant l'Opéra Garnier. Paris (IXème arr.), juin 1938.

  • Salon de thé sur les toits des Galeries Lafayette. Paris (IXème arr.), vers 1925.

  • "Etalages extérieurs d'un grand magasin". Paris (IXème arr.), vers 1900. Photographie de Paul Géniaux (1873-1914).

Si le quartier Haussmann s’est imposé comme un point névralgique de la mode à Paris quelques années seulement après sa création, c’est tout sauf un hasard.

Dans le petit coin du 9e arrondissement qui borde le boulevard Haussmann, la mode s’insinue de partout. La présence des Grands Magasins attire les personnes venues du monde entier pour goûter au chic à la française.
 
De Saint-Germain-en-Laye aux Grands Magasins via Saint Lazare
 
Nous sommes en 1865 et le Boulevard Haussmann n’est pas encore tout à fait percé quand Jules Jaluzot y installe son premier magasin, à l’angle de la rue du Havre. Au printemps, il devient le premier grand magasin entièrement éclairé à l’électricité grâce à des machines à vapeur installées dans les sous-sols. Mais pourquoi là, dans ce quartier alors tout récent ? Michel Güet, Guide Patrimoine de la Mairie du 9e Arrondissement, a sa petite idée : « parce que les terrains étaient libres, d’abord, mais surtout parce qu’avec la proximité de la Gare Saint-Lazare, les promoteurs ont pensé que les magasins pourraient attirer la bourgeoisie qui venait en train de la banlieue Ouest ». Güet de pointer que depuis les travaux menés par le Baron Haussmann dans la deuxième partie du 19e siècle, la capitale est plus bourgeoise à l’Ouest, plus « prolétaire » à l’Est.
 
La mode comme marqueur d’ascension sociale
 
En 1894, c’est au tour des cousins Alphonse Kahn et Théophile Bader de s’associer pour ouvrir « les Galeries » rue Lafayette. Ces dernières vont s’agrandir pour devenir « Les Galeries Lafayette ». On commence à rassembler les parisiens depuis l’Ouest pour qu’ils puissent faire des emplettes et fréquenter les théâtres environnants. « La mode permettait à la bourgeoisie de marquer son ascension sociale, note Michel Güet. Et on n’allait pas seulement au théâtre pour voir un spectacle, mais surtout pour être vu ! » La présence des Grands Magasins a permis à la clientèle de s’habiller de façon chic avant d’aller exhiber un chapeau, une redingote ou un corset au balcon d’un théâtre.
 
Naissance de la capitale du chic parisien
 
« Il y avait des concurrents à l’étranger, reprend Güet, comme avec Liberty à Londres, mais Paris est vue alors comme la capitale de la frivolité, de la joie de vivre, et les Grands Magasins font partie intégrante de cette image-là ». Alors évidemment que Paris a changé depuis l’installation des grands magasins  boulevard Haussmann. Mais l’image de cet art de vivre à la française survie aux chantiers et au temps qui continue de couler. Les personnes accourent des quatre coins du monde pour se parer à la mode française, chic et indémodable. 

 

À proximité des Grands Magasins dits historiques, de nombreuses enseignes se sont installées à proximité pour tirer profit du rayonnement qu’exerce le quartier Haussmann tels que Citadium, H&M, Zara, Uniqlo…

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